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to Basics...
La description de l'interaction entre l'écoulement de l'air turbulent
et la morphologie de la dune est la principale difficulté à
laquelle doit faire face la prévision théorique de la forme
des barchanes. Numériquement, il est possible de déterminer
l'écoulement autour d'une forme quelconque, en utilisant des modèles
de turbulence mais les temps de calculs sont considérables, surtout
qu'il faut bien entendu réitérer le calcul du flot un grand
nombre de fois en actualisant la forme à chaque étape. En principe,
la forme s'adaptant par érosion à l'écoulement qui, lui
même, réagit au relief, le système {dune + écoulement
} doit converger vers un état stationnaire. Une alternative efficace
et éclairante est d'utiliser le Ccc modèle qui décrit
l'évolution d'une dune bidimensionnelle et qui par raison de symétrie
doit s'appliquer au profil de la tranche central d'une barchane. Commençons
alors par rappeler rapidement l'origine de cette modélisation.
Ecoulement sur une bosse 2D de faible amplitude
Le problème de départ est le suivant : comment décrire
l'écoulement de l'air lorsqu'il passe sur une bosse 2d de faible rapport
d'aspect vertical. En réalité, il nous suffit d'estimer le frottement
pariétal, t,
puisque c'est au niveau du sol qu'ont lieu les phénomènes d'érosions.
Considérons donc un écoulement bidimensionnel, dont le champ
de vitesse est défini par les composantes u et v, sur une bosse h(x)
= H f(x/L). Les équations de Navier-Stokes s'écrivent alors
:

où n est la viscosité cinématique. Dans le cas
d'un fluide parfait, les termes de dissipation deviennent négligeables
et il est possible de mener un calcul perturbatif au premier ordre en H/L.
calcul à
l'ordre 1 Considérons les composantes u = U + u_1(x,Z) et v = v_1(x,Z)
où Z est la hauteur compensée Z = z - h(x,t) . La bosse est
supposée suffisamment plate, H << L , pour que u_1 << U
et v_1 << U . L'équation d'Euler linéarisée à
l'ordre O(1) devient :

et l'équation de continuité s'écrit :
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En négligeant les termes d'ordres O(2) les équations précédentes
se résument à résoudre
laplacien de v égal 0, ce qui après résolution et utilisation
de l'équation de continuité donne
Ainsi, il est relativement aisé d'obtenir la variation au premier ordre
de la vitesse au niveau du sol pour un écoulement à grand nombre
de Reynolds. Physiquement, cette perturbation dépend de la forme entière
de la bosse ce qui s'exprime par un terme non local. La différence
de vitesse entre le sommet de la bosse et son pied ne dépend alors
que de la forme de la bosse et pas de sa taille, ce qui est cohérent
avec un écoulement sans échelle caractéristique interne.
En prenant en compte l'équation de la conservation de la masse et en
assimilant le flux saturé, q_sat au flux réel, q , l'évolution
du relief d'une bosse bidimensionnelle, est alors régi par une équation
du type :

La résolution de cette famille d'équations montre qu'une bosse
sur un fond meuble se transforme en un train d'onde \cite{LKD03}. En d'autres
termes, il y a un fort effet dispersif et la bosse, loin de se transformer
en une dune compacte, s'étale. De plus contrairement aux observations
de terrain (voir chapitre 1 ) la vitesse de l'écoulement est maximale
au sommet de la dune. Ce petit calcul est donc trop léger pour pouvoir
modéliser l'existence d'une solution stationnaire pour le relief.

calcul évolué Il est possible par des techniques de calcul
plus complexes, de déterminer plus précisément la perturbation
en vitesse induite par le défaut du relief. C'est notamment ce qu'ont
réalisé Jackson & Hunt. Leur calcul repose sur la détermination
de l'écoulement turbulent par domaine. Le travail de thèse novateur
de Sauermann a été d'extraire de ce calcul les effets physiques
dominants et "d'oser" les utiliser au cas de la barchane, où
d'une part le rapport d'aspect du relief est trop grand pour rentrer dans
les approximations h/l << 1 , et d'autre part où on observe l'existence
d'une séparation de couche limite incompatible avec le calcul de Jackson
et Hunt. L'expression du frottement pariétal perturbé par la
dune s'écrit :
Nous retrouvons le terme intégral de l'analyse précédente
plus un nouveau terme, local, Bh'(x), qui prend en compte la dépendance
de la vitesse avec la pente locale. Ce dernier terme peut être interprété
en disant que le fluide frotte plus sur la face aval (qui lui fait obstacle)
que sur la face abritée, qui le laisse s'échapper. D'autres
modélisations, dérivées différemment proposent
de rajouter directement le terme en Bh'(x) au calcul d'ordre O(1) par des
considérations d'efficacité d'érosion en fonction de
la pente locale, lorsque le relief s'oppose à l'écoulement l'érosion
doit être plus importante, d'où au premier ordre un terme supplémentaire,
indépendant de l'accélération du fluide, et variant comme
la dérivée de h.